« Ali le Chimique » exécuté à Bagdad

Ali le Chimique, le 8 janvier 2007, à Bagdad.

Ali Hassan al-Majid, dit « Ali le Chimique », condamné à mort à quatre reprises, notamment pour le gazage d’un village kurde en 1988, a été exécuté lundi par pendaison, a indiqué le porte-parole du gouvernement. Cousin de Saddam Hussein, il avait été jugé coupable de meurtres et crime contre l’humanité.

Capturé en août 2003, cinq mois après le début de l’intervention militaire américaine, Majid a déjà été condamné à mort à quatre reprises. La première fois en juin 2007 pour son rôle dans la campagne militaire contre les Kurdes menée entre février et août 1988, sous le nom de code d’Anfal. La deuxième fois en décembre 2008 pour son rôle dans l’écrasement d’une révolte chiite après la guerre du Golfe en 1991, et la troisième fois pour son implication dans le meurtre et le déplacement de populations musulmanes chiites en 1999.

Sa dernière condamnation remonte à la semaine dernière pour le massacre des habitants kurdes du village d’Halabja. En mars 1988, il avait ordonné de gazer ce village iraquien, faisant 5 000 morts, dont les trois quarts était des femmes et des enfants.

Cousin de Saddam Hussein, il avait été pendant plus de trente-cinq ans son homme de main redouté, prêt à tout pour écraser la moindre velléité de révolte en Irak. « Ali le Chimique » a occupé le poste de secrétaire général du parti Baas dans le nord (1987-1989), coordonnant à la fois l’armée, la direction de la sécurité générale et les renseignements militaires engagés dans la répression contre les Kurdes.

« C’est moi qui ai donné les ordres à l’armée de détruire des villages et de reloger les villageois. Je ne me défends pas. Je ne m’en excuse pas. Je n’ai pas commis d’erreur », avait-il dit, en parlant de la répression de la rébellion kurde, la campagne Anfal de 1987-1988, qui avait fait près de 180 000 morts. Egalement surnommé « le boucher du Kurdistan », il y avait engagé en mai 1987 une politique implacable de terre brûlée par une vaste opération d’évacuation de la population et du bétail, emmenés de force près des frontières jordanienne et saoudienne, loin des zones d’implantation traditionnelles des Kurdes.

L’homme, qui était dévoué corps et âme à son cousin, a aussi supervisé l’occupation du Koweït, la « 19e province » aux yeux du régime. D’août à novembre 1990, il fut le gouverneur sanguinaire de ce pays envahi par l’armée irakienne, avant de reprendre en février 1991 le poste de ministre des affaires locales. Sans états d’âme, il avait fait exécuter en février 1996 ses propres neveux Hussein Kamel et Saddam Kamel, rentrés à Bagdad après avoir fait défection un an plus tôt en Jordanie et dénoncé le régime.

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