Pape Samba Mboup toutes griffes dehors : «Massaly a payé, pas d’autres. Ce n’est pas normal.»

En ces temps où le mercure de la violence politique monte dans le thermomètre électoral et où resurgissent les petits meurtres politiques au sommet de l’Etat, Pape Samba Mboup, le chef de Cabinet du président de la République, n’emprunte pas des raccourcis pour abattre ses vérités, comme on abat ses cartes.

Pape Samba Mboup toutes griffes dehors : «Massaly a payé, pas d’autres. Ce n’est pas normal.»

En ces temps où le mercure de la violence politique monte dans le thermomètre électoral et où resurgissent les petits meurtres politiques au sommet de l’Etat, Pape Samba Mboup, le chef de Cabinet du président de la République, n’emprunte pas des raccourcis pour abattre ses vérités, comme on abat ses cartes. Il livre ses vérités sur les rumeurs à parfum de lynchage politique du président du Sénat, Pape Diop, la responsabilité de Karim dans la défaite du Pds à Dakar, les audits de l’Armp et la condamnation de Massaly par la Justice dans l’affaire de l’incendie du meeting du Ps, à Thiès.

Par Soro DIOP le quotidien

Il l’avait dit : «Si Me Wade a chaud, je transpire ; si Me Wade a froid ; je grelotte.» Comme pour marquer sa fidélité et son allégeance politique au seul président de la République. Lui, c’est Pape Samba Mboup, le chef de cabinet du Pré-sident Wade, l’un des rares dans l’entourage présidentiel, dit-on, à dire crûment au maître des lieux ses vérités, contrairement à la horde de courtisans et autres sectateurs du Palais aux sorties faussement offusquées qui, en prétendus défenseurs zélés du Président, ne cessent d’infliger des entailles à la République. La preuve : alors que des factions libérales tapies dans l’ombre aiguisent leurs armes pour abattre le président du Sénat, Pape Samba Mboup, lui, s’offusque des nuits des longs couteaux qui se préparent contre l’ancien maire de Dakar. M. Mboup ne cautionne donc pas une sorte de cabale distillée sous la forme de rumeurs qui postulent une éventuelle dissolution du Sénat pour «tuer» politiquement Pape Diop.
Sur cette question, il confie qu’«il est inacceptable que l’on veuille dissoudre le Sénat pour éliminer un adversaire politique». Cela d’autant plus que, soutient le chef de cabinet du président de la République, l’actuel chef de la station sénatoriale «est un symbole du parti (Parti démocratique sénégalais)» et «on n’a pas le droit de tuer des symboles». Et qui plus est, ajoute Pape Samba Mboup, «Pape Diop a beaucoup fait pour le Pds. Il a toujours mis la main à la poche aux moments difficiles pour soutenir le parti». M. Mboup n’est surtout pas prêt à rallier la cohorte de contempteurs politiques de l’ancien maire de Dakar, transformés en stratèges des rumeurs, qui «veulent coller à Pape Diop la débâcle du parti» dans la capitale. Il trouve «anormal» ce procès qui le surprend car, dit-il, «tout le monde connaît les raisons de la débâcle à Dakar». Ne lui demandez surtout pas d’entrer dans les détails, à ce niveau. Tout juste, le chef de cabinet du Président Wade consent-il à ajouter ceci : «Tout ce que je dis est dicté par ma conscience de militant, et personne ne peut se soustraire à sa conscience. Beaucoup de militants sont plein d’amertume au sein du parti.» Quid de la responsabilité du fils du Président Wade dans la défaite du Pds à Dakar, lors des élections locales de 22 mars 2009 ? Pape Samba Mboup préfère, sur cette question, relever qu’«il y a eu un flou par rapport à la campagne de Karim à Dakar» car, explique-t-il, «on ne savait pas qui était candidat et qui ne l’était pas». Résultat : «Cela a pesé dans la balance», estime M. Mboup.

PREVARICATEURS ET MILITANTS AVEUGLES
Interpelé sur l’affaire des audits de l’Agence de régulation des marchés publics (Armp), Pape Samba Mboup ne fait pas dans la dentelle. Après avoir «toujours dit et répété que la Justice est là pour tout le monde» et que «donc nul ne peut s’y soustraire», le chef de cabinet du Président milite pour que «les auteurs des malversations, épinglés par l’Armp, en répondent devant la Justice». Il soutient que «c’est de cette façon que l’on peut travailler pour pérenniser le Pds, en ne protégeant pas les prévaricateurs».
C’est dans la même veine que M. Mboup refuse de faire dans le «massage»… politique à propos de l’affaire Massaly liée à l’incendie du meeting du Parti socialiste, le 17 janvier dernier, à Thiès. Pour Pape Samba Mboup, «Massaly est un militant du parti (Pds), qui a fauté par excès de militantisme». Il met ce qui est arrivé à Massaly sur le compte d’un «militantisme aveugle avec lequel il faut finir». Pour lui, ce qu’il faudrait au Pds, «c’est un militantisme d’idées». Rappelons au passage que le jeune wadiste a été condamné, le 3 février 2010, par le juge à deux ans dont six mois ferme. «Et Farba Senghor alors ?», lui demande-t-on. Là, le chef de cabinet du président de la République dit tout, mais en peu de mots : «Massaly a payé, et pas d’autres; ce n’est pas normal !» Rappelons, ici aussi, que Farba Senghor s’était illustré hier, comme Massaly aujourd’hui, par un militantisme aveugle ayant conduit à des attaques dont celles des locaux des quotidiens L’AS et 24 Heures Chrono, en 2008. Toujours sans suite judiciaire.

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