Xynthia fait 51 morts en France et suscite un début de polémique

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Le passage de la tempête Xynthia sur la France dimanche, qui fait 51 morts selon un dernier bilan provisoire, suscite un début de polémique sur d’éventuelles responsabilités dans les constructions en bord de mer.

Le président Nicolas Sarkozy est arrivé sur place avec plusieurs ministres en fin de matinée lundi et a embarqué dans un hélicoptère pour survoler les zones sinistrées noyées dans l’eau qui atteint parfois les toits des maisons.

Il s’est d’abord rendu à l’Aiguillon-sur-Mer, en Vendée, la commune qui a le plus souffert en France, puisque 25 corps y ont été retrouvés après la rupture d’une digue.

« On va vous aider », a-t-il déclaré à un couple qui a échappé à la montée des eaux en montant sur le toit de sa maison.

Nicolas Sarkozy a annoncé à cette occasion une aide de trois millions d’euros, une double inspection sur les causes de la catastrophe avec un premier rapport dans les 10 jours, un plan de renforcement des digues et des aides pour les agriculteurs

Il a ajouté que l’arrêté de catastrophe naturelle, qui débloque les indemnisations et permet de faire jouer les assurances pour les inondations, serait signé dès mardi.

« Il faut qu’on s’interroge pour savoir comment en France au XXIe siècle des familles peuvent être surprises dans leur sommeil et être noyées dans leurs maisons », a-t-il ajouté plus tard lors d’une table ronde à la préfecture de La Rochelle avec élus locaux et les services de l’Etat pour faire le point.

« Nous devons faire de toute urgence toute la lumière sur ce drame inacceptable et incompréhensible », a-t-il souligné.

Les secours étaient à l’oeuvre lundi matin notamment dans les départements de Charente-Maritime et de Vendée, où ont été recensées la très grande majorité des victimes.

La rupture de digues sur la façade Atlantique a entraîné de multiples noyades dans les habitations, souvent sans étage, situées dans des lotissements construits à proximité de la mer.

La catastrophe est imputée à la conjonction présentée comme exceptionnelle, voire historique, de trois phénomènes: des vents très violents allant jusqu’à 160 km/h, des marées très fortes et une dépression qui a accentué encore la montée des eaux.

Selon les témoins, cette montée brutale s’est produite en quelques minutes, en pleine nuit de samedi à dimanche et a surpris les victimes dans leur sommeil.

Météo France avait lancé dès vendredi un bulletin d’alerte rouge, une démarche rarissime, sur les départements concernés.

Aucune mesure d’évacuation ne semble pourtant avoir été décidée dans les communes proches de la mer.

Les secours doivent aussi faire face à un afflux de sinistrés hébergés dans des gymnases, ainsi qu’à des blessés qui nécessitent une hospitalisation, notamment en Vendée.

L’autre département le plus touché, la Charente-Maritime, a vu son bilan s’alourdir pendant la nuit à 11 morts et un disparu, deux corps ayant été retrouvés dans la nuit dans la commune d’Aytré, apprend-on auprès de la sécurité civile.

Quelques 222.000 foyers restaient privés d’électricité lundi en fin de matinée, dont 80.000 en Poitou-Charentes et Pays de Loire, et 93.000 en région Centre, selon ErDF, filiale d’EDF. La société dit avoir mobilisé 5.000 personnes.

Des dégâts matériels importants sont à déplorer ailleurs en France sur le passage de la tempête, comme dans les Pyrénées, où plusieurs stations de sports d’hiver, à Superbagnères, Saint-Lary et Peyragudes, ont vu leurs équipements endommagés.

LE PROBLÈME DES DIGUES

Le secrétaire d’Etat aux Transports, Dominique Bussereau, a nié tout dysfonctionnement de l’Etat dans la catastrophe.

« Très honnêtement, le préfet de la Charente-Maritime, qui est l’ancien directeur de la sécurité civile, avait fait tout ce qu’il fallait, les gens étaient prévenus », a-t-il dit sur RTL.

Son opposante socialiste Ségolène Royal, présidente de la région Poitou-Charentes, à qui il est opposée pour le scrutin régional en mars, a elle aussi estimé que la conjonction de phénomènes météorologiques était imprévisible.

Elle s’est refusée à toute critique dans l’immédiat mais a cependant estimé qu’il fallait tirer les leçons.

« Il va falloir reconstruire des digues suffisamment puissantes, solides et hautes. Elles sont très anciennes, n’étaient peut-être pas faites pour supporter un tel choc. Il faut maintenant en tirer les conséquences », a-t-elle dit.

Nicolas Sarkozy a abondé dans le même sens.

« Cela ne doit pas nous empêcher de faire l’analyse des digues, de leur solidité, de leur adaptabilité à la situation d’aujourd’hui et puis des plans d’urbanisme, on ne peut pas construire n’importe où », a-t-il insisté.

« Il ne s’agit pas de lancer des polémiques, c’est le moment du deuil, mais il faudra tirer les conséquences de tout ceci et nous les tirerons avant l’été », a-t-il dit.

Il y a 7.000 à 10.000 km de digues en France, dont certaines ont été construites au XVIIe siècle, a dit la secrétaire d’Etat à l’Ecologie Chantal Jouanno. Selon elle, environ 1.000 km peuvent être considérés comme à risque.

Le président du conseil général de Vendée Philippe de Villiers a estimé que le problème résidait plutôt dans des normes de construction pas assez sévères.

« Partout où la terre est au niveau de la mer, il est prudent de construire plus loin », a estimé Philippe de Villiers.

kc

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