Bilan désastreux sur le littoral vendéen français après la tempête Xynthia

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Le littoral vendéen continue à nettoyer ses rues et à évaluer les dégâts trois jours après le passage sur l’ouest de la France de la tempête Xynthia, qui a fait 52 morts selon un bilan provisoire.

La polémique prend corps sur la construction d’habitations dans des zones à risques tandis que, dans les villes les plus touchées, parallèlement au nettoyage des rues, des habitants s’étonnent de l’absence d’ordre d’évacuation.

Le gouvernement assure que les zones à risque seront rendues inconstructibles et les procédures d’alerte renforcées.

L’arrêté de catastrophe naturelle a été publié pour les départements de Charente-Maritime, Vendée, Deux-Sèvres et Vienne. Dans les autres départements touchés, des dizaines de maires demandent de rentrer sous ce régime.

Le délai pour constituer les dossiers de déclaration des sinistres a été prolongé jusqu’au 31 mars. Les sociétés d’assurances ont décidé de simplifier les procédures pour les victimes, a annoncé la Fédération française des sociétés d’assurances.

Un porte-parole de la Sécurité civile a annoncé qu’un 52e corps avait été retrouvé mardi. « Nous sommes à 52 morts et trois disparus », a dit Patrick Vailly.

Une messe en hommage aux victimes aura lieu jeudi à 15h00 en la cathédrale de Luçon, en Vendée.

POMPAGE

Environ 22.000 personnes étaient encore privées d’électricité en début de soirée, a annoncé ERDF, gestionnaire du réseau EDF, qui assure que la « quasi-totalité des clients » auront l’électricité mercredi.

Les opérations de pompage s’intensifient, principalement dans les départements de Vendée et de Charente-Maritime.

Selon Patrick Vailly, 74.000 m3 d’eau ont été pompés depuis dimanche, notamment grâce aux pompes de la Sécurité civile, qui permettent de pomper 5.400 m3 par heure, l’équivalent de deux piscines olympiques.

Le temps que durera le pompage dans les villes les plus touchées, La Faute-sur-mer et L’Aiguillon-sur-mer (Vendée), est « difficile à quantifier », a dit le porte-parole à Reuters.

« Ca durera plusieurs semaines mais ça dépend beaucoup de la décrue », a-t-il ajouté.

Les coefficients de marée dans les jours à venir, notamment mardi soir, inquiètent les pompiers, qui n’ont toujours pas accès à certains lotissements.

Le bilan de la tempête est encore impossible à chiffrer.

Les exploitations agricoles du marais poitevin, dans le sud de la Vendée, et du marais breton, dans le nord, sont encore sous l’eau. « Il faudra huit jours au moins pour qu’elle s’en aille », a expliqué Jean-Paul Goutines, directeur de la FRSEA Pays de la Loire.

« A proximité de L’Aiguillon, 4.500 hectares de terres sont sous l’eau. Vers Challans, il y a 2.000 hectares sous l’eau », a-t-il dit à Reuters.

« Il est trop tôt pour chiffrer mais des terrains inondés à l’eau de mer perdent la possibilité de faire une culture pendant au moins un an. Le sel détruit tout: les prairies, le blé et les plantes qui pourraient être semées au printemps comme le maïs », a-t-il expliqué.

Il faut également ajouter un millier d’animaux morts dans le marais poitevin et les importants dégâts subis par les ostréiculteurs, dont les bassins remontent jusqu’en Vendée.

Un plan d’aide a été promis par le gouvernement aux cultivateurs et ostréiculteurs. Le ministre de l’Agriculture, Bruno Le Maire, doit préciser les mesures mercredi lors d’un déplacement en Vendée et Charente-Maritime.

PERMIS DE CONSTRUIRE

Dans la matinée, le Conseil des ministres examinera le plan d’action pour le renforcement des digues.

La polémique sur les constructions dans des zones à risques a pris de l’ampleur avec l’exhumation d’un rapport d’experts publié en 2007 sur les risques de submersion de La Faute-sur-mer et L’Aiguillon-sur-mer.

La secrétaire d’Etat à l’Ecologie, Chantal Jouanno, a promis que les autorités allaient identifier les zones à risque pour qu’elles soient rendues définitivement inconstructibles.

La délivrance de permis de construire ces dernières années, en dépit des risques, est très critiquée.

La dirigeante des Verts, Cécile Duflot, a souligné sur France Info qu’il y avait eu « 100.000 logements construits en zones inondables entre 1999 et 2006 ».

Elus et préfets locaux ont dû se défendre mardi de leur décision de ne pas ordonner l’évacuation des zones à risques.

Le sous-préfet des Sables d’Olonne, en Vendée, a rejeté la responsabilité sur les édiles.

« Si les mairies avaient demandé des évacuations, nous l’aurions fait », a dit Béatrice Lagarde sur Europe 1.

Le maire de La Faute-sur-mer a estimé qu’il était « trop facile » de parler après coup. « Il y avait l’alerte rouge (de Météo France). Tant qu’on n’a pas tous les éléments, on ne peut pas savoir », a dit René Marratier dans Ouest-France.

kc

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