Ce que les documents de Wikileaks disent de l’armée américaine

Julian Assange, le fondateur de WikiLeaks, brandit un exemplaire du quotidien The Guardian, à l'occasion d'une conférence de presse à Londres, le 26 juillet 2010.

Julian Assange, le fondateur de WikiLeaks, brandit un exemplaire du quotidien The Guardian, à l’occasion d’une conférence de presse à Londres, le 26 juillet 2010.

Reuters/Andrew Winning

Les carnets de guerre afghans publiés par le site Wikileaks ont un peu ébranlé militaires et politiques aux Etats-Unis. Le Pentagone a lancé une enquête pour connaître la source de cette fuite. Plus de 90 000 documents classifiés ont été rendus publics. Le département de la Défense a indiqué que l’examen des documents pourrait prendre « des jours, si ce n’est des semaines ». Il faut dire que les fiches évoquent de très nombreuses thématiques : de la petite opération de terrain aux grosses manœuvres, des bavures aux trahisons, des échecs aux secrets.

Avant les révélations de Wikileaks personne ne connaissait l’existence de la Task Force 373. La mission de cette unité d’élite américaine, top secrèt : arrêter ou tuer quelque 2 000 responsables talibans. Ses opérations étaient visiblement du genre radicales, pas de prisonniers et des erreurs mais officiellement la TF373 n’existe pas.

Au chapitre bavures, les rapports d’incidents diffusés sur internet dénombrent de nombreuses victimes civiles, tuées par des soldats trop nerveux. On apprend la fin tragique d’un villageois afghan qui tentait d’échapper à une équipe de la CIA qui lui demande de s’arrêter. L’homme n’obéit pas, il est abattu : c’était un sourd muet.

Au plan tactique, les fiches révèlent que les talibans sont probablement en possession de missiles sol-air à guidage infrarouge.

En ce qui concerne la géostratégie, les services de renseignement pakistanais auraient joué double jeu avec les Américains et seraient liés, entre autres avec les talibans, à la tentative d’assassinat du président Karzaï en 2008.

Un des documents laisse aussi clairement entendre que les Etats-Unis n’ont plus d’informations fiables sur Oussama ben Laden depuis des années. Dernière localisation présumée : Quetta au Pakistan, en 2006.

Kaboul critique l’incohérence des forces étrangères face au Pakistan

Avec notre correspondant à Kaboul, Luc Mathieu

Le Conseil national de sécurité afghan a vivement réagi aux révélations concernant le soutien apporté par le Pakistan aux insurgés actifs en Afghanistan. Selon des rapports dévoilés par le site internet Wikileaks, les services secrets pakistanais tiennent régulièrement des réunions avec les talibans. Ils auraient aussi directement participé à des complots visant à assassiner des responsables afghans.

Kaboul y voit une preuve que la stratégie des forces alliées doit être revue. Selon le Conseil de sécurité national, la lutte contre le terrorisme devrait être recentrée sur le territoire pakistanais.

C’est loin d’être la première fois que les dirigeants afghans tiennent ce discours. Ils accusent régulièrement le Pakistan voisin de déstabiliser l’Afghanistan en offrant un refuge aux insurgés.

Le mollah Omar, le chef des talibans, est probablement caché dans la région de Quetta, au sud-ouest du Pakistan. Les combattants, eux, franchissent aisément la frontière qui sépare les deux pays. Plusieurs attentats qui ont récemment frappé Kaboul ont également été attribués au réseau dit Haqqani, basé dans les zones tribales pakistanaises.

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