Archive pour août, 2010

Corruption, trafic de drogue : Moustapha Guirassy seul contre le Congrès américain

Posted in économie, International, politique, senegal on août 31, 2010 by larevelation news

Le Congrès américain a, dans un rapport daté du 16 août, sévèrement critiqué le gouvernement sénégalais, rappelant que le Département d’Etat avait déjà, dans un rapport daté de 2009, fait état du « développement de la corruption à tous les niveaux, surtout au niveau national ». Le dernier rapport est encore plus critique. Il présente le Sénégal comme une plaque tournante de la drogue en provenance de l’Amérique du Nord.  Dans un chapitre titré « trafic illégal et crime organisé », le rapport présente les chiffres de l’Onu selon lesquelles les sommes concernées feraient 8,2 fois le Produit national brut du pays et financeraient le sous-secteur de la construction. Le rapporteur, Alexis Arief, donne pour preuve la saisie record de près de 4 tonnes de cocaïne il y a deux ans, ayant conduit à l’arrestation de plusieurs ressortissants sud-américains. Le Sénégal possède des instruments de contrôle financier, mais le rapport juge les institutions de lutte contre la criminalité financière trop peu efficaces.

Qu’à cela ne tienne, le ministre de la Communication considère que ce rapport du Congrès américain est l’œuvre de quelques sénateurs malveillants. Interpellé par la Rfm, le ministre de la communication botte en touche. «  Ce n’est pas le congrès qui  a parlé ou l’Etat, mais une catégorie de sénateurs », clame Moustapha Guiarassy. « Le gouvernement du Sénégal de façon souveraine est entrain de mettre en avant tous les mécanismes pour la bonne gouvernance », a-t-il ajouté.

Source: Senewebnews

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« Il faut montrer qu’avec ou sans Wade en 2012, le changement aura lieu »

Posted in politique, senegal on août 31, 2010 by larevelation news
Cheikh Tidiane Gadio n’est pas du tout préoccupé par le débat autour de la recevabilité ou non de la candidature de Wade à la prochaine présidentielle. L’ancien ministre des Affaires étrangères pense même que c’est une futilité. Pour lui, il faut montrer qu’avec ou sans Wade, le changement est inéluctable.

« Une futilité, un divertissement. » Voilà comment Cheikh Tidiane Gadio qualifie le débat ou polémique sur la recevabilité de la candidature du président Abdoulaye Wade à la présidentielle de 2012. L’ancien ministre des Affaires étrangères qui a rejoint les rangs de l’opposition et qui assistait, samedi, à une conférence religieuse à Pikine, est convaincu que « les libéraux sont en fin de règne ».

« Le changement est inéluctable. Donc, il ne faut pas suivre Wade dans son jeu de divertissement puisqu’il est en fin de règne », estime Cheikh Tidiane Gadio. Qui insiste : « Il faut montrer qu’avec ou sans Wade en 2012, le changement aura lieu. Il ne faut pas tergiverser là-dessus ou donner l’impression que s’il se représente, il va gagner, donc tout faire pour qu’il ne se représente pas. » Parce que, pour l’ancien ministre des Affaires étrangères, « il y aura changement en 2012 ».

Toutefois, Cheikh Tidiane Gadio et son Mouvement politique citoyen (Mpc) préfèrent laisser cette question entre les mains des juristes. « Il y a un débat juridique passionnant. Débat juridique auquel a participé Wade lui-même puisqu’une déclaration de 2007 a été exhumée montrant qu’à son avis, la question des mandats était réglée par la Constitution et que ce mandat est son dernier », croit savoir Cheikh Tidiane Gadio.

Pourtant, Cheikh Tidiane Gadio demande à Wade, « pour des questions d’intérêt national », de ne pas se présenter en 2012. « Nous souhaitons que Wade renonce à se présenter, qu’il renonce à son projet dynastique », dit-il. Avant de suggérer au président Wade d’organiser des élections et de transmettre le pouvoir au vainqueur.

Guerre en Afghanistan D’où vient l’argent des talibans ?

Posted in International on août 31, 2010 by larevelation news

Alors que les Afghans élisent leur Parlement le 18 septembre, l’analyse des documents rendus publics par le site WikiLeaks confirme l’enlisement occidental en Afghanistan. Pourtant, le Congrès américain a voté 59 milliards de dollars supplémentaires pour financer ce conflit. Des fonds qui pourraient alimenter le trésor de guerre des talibans.

Hajji Mohammad Shah n’a pas eu de chance. L’an dernier, il a commencé à construire une route aux alentours de Kunduz, dans le nord de l’Afghanistan : vingt-cinq kilomètres qui devaient permettre aux paysans du district de Chahar Dara d’aller vendre leurs produits au marché du chef-lieu. Coût du projet : 63 600 euros, fournis par la Banque asiatique de développement. Dès le début des travaux, un taliban est venu demander un impôt au conseil des anciens du district, les commanditaires de l’opération. Ceux-ci ont versé 13 900 euros pour que la voie ne soit pas détruite avant même d’être achevée. Puis s’est présenté un deuxième émissaire : ils ont encore payé. Au troisième solliciteur, ils ont expliqué qu’ils n’avaient plus d’argent. Résultat : un jour de mars 2010, alors que M. Shah revenait de sa pause déjeuner en ville, il a trouvé ses ouvriers pris en otage par des hommes en armes, qui ont brûlé dix de ses engins. Ses pertes s’élèvent à 176 000 euros. Et il peut toujours courir après l’assurance…

M. Mohammad Omar, le gouverneur de Kunduz, hésite sur l’explication : il ne sait pas si les anciens n’ont pas assez payé ou s’ils n’ont pas graissé les bonnes pattes. Il résume, fataliste : « Les talibans font ce qu’ils veulent ici. Ils tuent, ils torturent, ils rackettent à l’envi. » M. Omar connaît l’ampleur du système d’extorsion mis en place par son homologue taliban, le « gouverneur de l’ombre » de Kunduz. Celui-ci prélève un pourcentage sur à peu près tout ce qui se construit dans la région : routes, ponts, écoles, cliniques… Plus on « reconstruit » l’Afghanistan, et plus les talibans s’enrichissent.

A la question « Qu’est-ce qui remplit les poches du mollah Omar ? », la réponse tient souvent en un mot : opium. Lequel ne représente pourtant, selon un rapport publié fin 2009 par l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (UNODC). que 10 à 15 % des revenus des talibans (taxes et trafic).

« L’essentiel de l’argent est levé localement, confirme M. Kirk Meyer, responsable de l’Afghan Threat Finance Cell.

le monde-diplomatique

Ici travaillent des espions israéliens

Posted in International, politique on août 31, 2010 by larevelation news

Au nom de la lutte contre le terrorisme, nombre de pays ont déployé des systèmes d’écoute, en dehors de tout contrôle judiciaire. Le réseau Echelon, le plus célèbre d’entre eux, associe notamment les Etats-Unis et le Royaume-Uni. Ignorée jusqu’ici, la base israélienne d’Ourim est l’une des plus grosses stations d’espionnage du monde.

Par Nicky Hager

A une trentaine de kilomètres de la prison de Beer-Sheva — où les passagers de la « flottille pour Gaza » furent brièvement détenus après l’assaut sanglant du 31 mai dernier —, en direction de la bande de Gaza, se trouve l’installation d’espionnage la plus importante d’Israël. Cette base, jamais dévoilée jusqu’ici, est constituée de lignes d’antennes satellites interceptant en secret appels téléphoniques, courriers électroniques et autres types de communications émis du Proche-Orient, d’Europe, d’Afrique et d’Asie.

La puissance d’Israël dans la région est souvent associée à ses forces armées, à son arsenal nucléaire et à ses services d’action clandestine (Mossad). Mais ses capacités de collecte électronique d’informations paraissent tout aussi importantes, qu’il s’agisse de surveiller gouvernements, organisations internationales, sociétés étrangères, organisations politiques et individus. Le travail d’espionnage s’effectue majoritairement depuis cette installation située aux abords du désert du Néguev, à environ deux kilomètres au nord du kibboutz d’Ourim. Nos informateurs ont travaillé dans le milieu du renseignement israélien, et connaissent cette base de première main. Ils décrivent des lignes d’antennes satellitaires de tailles variées et, de part et d’autre de la route 2 333 qui conduit à la base, des bâtiments et des baraquements. De hauts grillages, des barrières et des chiens protègent le domaine. Comme chacun peut le constater sur Internet, les images satellites de ce lieu ne sont pas brouillées. L’œil averti y distingue sans peine tous les éléments caractéristiques d’un poste de surveillance électronique. Un grand cercle dans les champs indique l’emplacement d’une antenne de recherche de direction (HF/DF), destinée à l’observation maritime.

La base d’Ourim fut établie il y a des décennies afin de surveiller les communications internationales transitant par le réseau satellitaire Intelsat, relais téléphonique majeur entre différents pays. Son activité s’étendit aux liaisons maritimes (Inmarsat), puis grossit rapidement (…)

le monde-diplomatique

Guerre d’Irak, le crime Version imprimable mardi 31 août 2010, par Alain Gresh

Posted in International, politique on août 31, 2010 by larevelation news

Les dernières troupes combattantes américaines ont quitté l’Irak. C’est ce qu’annoncent les Etats-Unis, même si 50 000 de leurs soldats, regroupés sur des dizaines de bases, demeureront encore jusqu’à fin 2011, « en appui » à l’armée irakienne. Ce retrait s’opère conformément à l’accord-cadre stratégique signé par l’administration Bush sur le départ avec le gouvernement irakien à la fin 2008. Le président Obama a décidé de respecter ce texte et d’accélérer le désengagement.

On peut certes prétendre que, par rapport à la situation existante à la fin 2006, avec une insurrection active et des attentats quotidiens meurtriers, le contexte actuel est meilleur. Il faut néanmoins prendre du recul par rapport à cette vision et essayer de dresser un bilan de cette guerre qui ne fut pas seulement une faute, mais un crime dont on aurait tort de dédouaner les Etats-Unis (lire « “Leurs” crimes et les “nôtres” »).

Cette guerre d’agression, non provoquée, déclenchée sous le faux prétexte de chercher des armes de destruction massive, est d’abord une violation des principes des Nations unies qui, le 14 décembre 1974, à travers leur assemblée générale, adoptaient un texte définissant l’agression (PDF). Son article 3 s’énonce ainsi :

« L’un quelconque des actes ci-après, qu’il y ait eu ou non déclaration de guerre, réunit, sous réserve des dispositions de l’article 2 et en conformité avec elles, les conditions d’un acte d’agression :

a) L’invasion ou l’attaque du territoire d’un Etat par les forces armées d’un autre Etat, ou toute occupation militaire, même temporaire, résultant d’une telle invasion ou d’une telle attaque, ou toute annexion par l’emploi de la force du territoire d’un autre Etat ;

b) Le bombardement, par les forces armées d’un Etat, du territoire d’un autre Etat, ou l’emploi de toutes armes par un Etat contre le territoire d’un autre Etat ;

c) Le blocus des ports ou des côtes d’un Etat par les forces armées d’un autre Etat ;

d) L’attaque par les forces armées d’un Etat contre les forces armées terrestres, navales ou aériennes, la marine ou l’aviation civiles d’un autre Etat ».

Au-delà de cette dimension juridique et des querelles qu’elle peut susciter, le bilan de la guerre américaine, menée sans l’aval des Nations unies, est accablant :

— Destruction du pays, de ses structures étatiques et administratives. Il n’existe plus d’Etat irakien qui fonctionne. Sept ans après la guerre, l’électricité arrive à peine quelques heures par jour, la production pétrolière stagne, l’administration ne fonctionne pas, les écoles et les universités sont à l’abandon, etc. Reconstruire une structure unifiée et efficace nécessitera sans doute des décennies.

— Le confessionnalisme, encouragé dès les premiers jours par l’occupant, a été institué dans toutes les fonctions, et la répartition des postes se fait désormais en fonction de l’appartenance communautaire ou nationale. Les principales forces politiques sont « chiites », « sunnites » ou « kurdes ». Et demeurent une série de bombes à retardement, comme la délimitation des « frontières incertaines du Kurdistan ». La question de Kirkouk, où un référendum est prévu depuis décembre 2007 (et sans cesse reporté) pour décider du rattachement ou non de cette ville à la région autonome du Kurdistan, n’est pas le moindre des défis.

— Le bilan humain est terrible. Si on connaît précisément les pertes américaines (environ 4 400 tués), celles des Irakiens ont fait l’objet d’évaluations très diverses : on ne recense pas un mort « arabe » comme on recense un mort « occidental » ; seul ce dernier a un visage. Entre cent mille et plusieurs centaines de milliers de personnes tuées, des milliers de disparus, des centaines de milliers de personnes déplacées et de réfugiés (notamment en Syrie – lire Theodor Gustavsberg, « Silencieux exil des Irakiens en Syrie » – et en Jordanie), des centaines de milliers de blessés.

— Malgré les coups qui lui ont été portés depuis 2007, Al-Qaida, qui, rappelons-le, était absente d’Irak jusqu’en 2003, s’y est implantée. Elle garde des structures efficaces, comme le prouvent les attentats coordonnées de ce mois d’août 2010. Des milliers de combattants du monde arabe et musulmans ont transité ces dernières années par l’Irak et ont ensuite porté le combat en Afghanistan, en Somalie, au Liban, en Afrique du Nord.

Seul point positif, la chute de la dictature de Saddam Hussein, l’une des plus brutales de la région. On ne peut que s’en féliciter, mais cela valait-il de telles souffrances ? D’autant que le risque est grand de voir émerger un « pouvoir autoritaire à dominante chiite ».

Et la question que personne ne posera : qui sera jugé pour ce crime ? Comment s’étonner que nombre de pays ne suivent pas le Tribunal pénal international quand il inculpe le président soudanais Omar Al-Bachir, ou des criminels de tel ou tel petit pays africain, alors que MM. George W. Bush, Dick Cheney et Donald Rumsfeld continuent tranquillement à couler des jours heureux en donnant des conférences sur le monde libre, la démocratie et le marché pour quelques dizaines de milliers de dollars la prestation ?

Personne n’affirme plus que les Etats-Unis ont gagné la guerre en Irak, surtout si l’on se reporte aux objectifs initiaux du président George W. Bush : installation à Bagdad d’un gouvernement allié, prêt à collaborer avec Washington, à lui accorder des bases et disposé à établir des relations diplomatiques avec Israël ; ouverture des ressources de l’Irak au marché libre ; démocratisation du Proche-Orient ; isolement du régime iranien.

Personne n’explique plus doctement que, certes, la guerre était une erreur, mais que si les Etats-Unis se retiraient ce serait encore pire. Il faut le répéter : c’est la présence américaine qui est la cause de l’instabilité, et non l’instabilité qui nécessite la présence américaine.

Les conséquences régionales de cette guerre sont aussi graves. Incontestablement et paradoxalement, elle a renforcé le poids de l’Iran, même s’il ne faut pas croire que les chiites irakiens regardent tous vers Téhéran, ni sous-estimer le poids du nationalisme irakien et arabe. L’absence de pouvoir central entraîne forcément l’ingérence des puissances voisines dans les affaires irakiennes : ni la Turquie, ni l’Arabie saoudite, ni la Syrie, ni bien évidemment l’Iran ne s’en privent. Ankara a ouvert plusieurs consulats, dont un à Bassorah, dans le sud chiite ; il a aussi développé ses relations avec le pouvoir autonome kurde, ce qui n’a pas mis un terme à ses bombardements contre les forces du PKK réfugiées au Kurdistan.

Quel est désormais le poids des Etats-Unis en Irak ? Les élections de mars 2010 ont débouché sur une impasse et le pays n’a toujours pas de gouvernement. Quatre forces se partagent le Parlement : un bloc kurde qui représente une région vivant sous autonomie de fait ; le bloc du premier ministre en exercice Nouri Al-Maliki, à majorité chiite ; le bloc de l’ancien premier ministre Iyad Allaoui, chiite qui a obtenu le vote de nombreux sunnites ; et, enfin, l’Alliance nationale composée de l’organisation de Moqtada Al-Sadr et du Conseil suprême islamique, deux formations chiites.

Joost Hiltermann, dans un article de la New York Review of Books (19 août 2010) intitulé « Iraq : The impasse », remarque :

« Ce qui est frappant avec l’approche actuelle de l’administration Obama n’est pas seulement sa préférence pour un parti donné, celui de Allaoui en l’occurrence, mais son manque de volonté inexplicable de pousser pour une solution donnée, un fait que tous les politiciens ont noté. Les Etats-Unis essaient d’exercer une forte pression uniquement de manière sporadique, sous la forme d’une visite du vice-président Joe Biden, l’envoyé spécial de facto de l’administration en Irak. » Mais leurs tentatives d’obtenir la formation d’un gouvernement d’unité entre Maliki et Allaoui avant leur retrait n’ont pas abouti. Et Hiltermann de conclure que les Etats-Unis sont « une puissance en déclin » en Irak.

Ce n’est pas l’avis de tous les commentateurs, comme en témoigne un éditorial de Seumas Milne dans le quotidien britannique The Guardian (4 août 2010), « The US isn’t leaving Iraq, it’s rebranding the occupation ». Pour Milne, les Etats-Unis donnent simplement un autre visage à une occupation qui se poursuit sous d’autres formes.

Alexander Cockburn lui répond vertement dans « Thank You, Glenn Beck ! » (CounterPunch, 27-29 août). Il reprend certains arguments de Rosen et explique aussi que, sur le pétrole, pour l’essentiel, ce ne sont pas les compagnies pétrolières américaines qui ont bénéficié des premiers contrats passés, mais des sociétés russe, norvégienne, chinoise, malaisienne, etc.

Alors, poursuite de l’occupation sous d’autres formes ou non ? Ce qui est sûr, c’est que, en ce XXIe siècle, aucune puissance ne peut gouverner durablement un pays étranger, lui imposer sa volonté. A ceux qui rêvaient d’un retour de l’empire, la guerre d’Irak a apporté un démenti flagrant. Un démenti qui sera confirmé demain en Afghanistan.

CHILI • Des héros sont nés

Posted in International on août 31, 2010 by larevelation news

Quelques uns des 33 mineurs bloqués au fond du puits, Copiapo, 26 août 2010.

© AFP

Quelques uns des 33 mineurs bloqués au fond du puits, Copiapo, 26 août 2010.

Une poignée de mineurs, piégés depuis le 5 août suite à l’éboulement de la mine de San José, chantent l’hymne national à pleins poumons lors de leur premier contact radiotéléphonique avec le monde extérieur. On peut supposer qu’ils l’entonnent en sanglotant, comme il ne viendrait à l’idée de personne de le faire aujourd’hui : ce sont des habitudes d’un autre âge. Une poignée de mineurs armés d’une foi aveugle, d’un courage et d’une force de caractère capables de vaincre les pires difficultés, nous ont donné une leçon que nous n’avons pas le droit d’oublier. Bien entendu, ceux qui voient les choses par le petit bout de la lorgnette ne manquent pas : le Président [Sebastian Piñera] y a-t-il gagné en terme d’image ? Le ministre a-t-il été à la hauteur [le ministre des Mines Laurence Golborne] ? L’opposition en ressort-elle affaiblie ? Ceux-là se perdent dans des détails et passent à côté de l’essentiel, à savoir que ces mineurs sont trop grands pour eux. Et pour nous tous aussi, d’une certaine façon. Car ils nous ont montré, sans crier gare et sans anesthésie, qu’il existait un Chili profond, qui ne répond pas aux schémas classiques.

Il suffit de lire la lettre du mineur Mario Gómez. Là-bas, sous terre, pas de progressistes, de libéraux ou de conservateurs. Dans la mine, il n’y a ni vanités médiatiques, ni réseaux sociaux, ni ambitions politiques. Rien de tout cela, si ce n’est le noir, le silence, la faim et la soif. Et un groupe de gens prêts à lutter pour leur survie avec un réel sens de la transcendance. Là-bas, on a découvert ce qu’Orwell appelait la décence ordinaire, qui n’est rien d’autre que la pratique de certaines vertus par des individus lambda : une question qu’on a souvent tendance à négliger.

D’où notre étonnement, comme s’il nous était impossible de croire qu’il existe encore des compatriotes de cette envergure, de cette étoffe. Comme chacun sait, les sociétés démocratiques ne croient guère aux héros. Nous avons donc du mal à accepter qu’il puisse encore y en avoir : de simples mortels, qui, soumis à une épreuve qui terrasserait quiconque, s’en sortent triomphants. C’est pourquoi les mots nous manquent pour décrire ce qui se passe. Nous en avons tellement abusé qu’aujourd’hui, jaloux, les mots nous tournent le dos. Et nous voilà interloqués face à cette évidence : nombre de nos discussions et de nos préoccupations sont un peu frivoles. Elles passent à côté de cet aspect essentiel du réel qu’est la modeste particularité de chaque être humain, pour reprendre la formule de l’écrivain russe Vassili Grossman, un autre héros oublié.

Bien sûr, il ne s’agit pas de nier la dimension politique du problème. Or, même de ce point de vue-là, cet événement remet en cause bien des mythes. Car il est évident que cette fois, le gouvernement doit sa victoire à un ministre (soutenu par le Président) qui s’est montré capable de prendre des décisions sans sortir sa calculette, en parlant vrai. Si certains d’entre nous doutaient de ceux qui nous gouvernent, force est de reconnaître que ce responsable politique a eu un comportement exemplaire.

Cet événement devrait également nous apprendre à aborder le débat entre le marché et l’Etat de façon moins manichéenne. Car la taille du secteur public et celle du secteur privé importent peu : ce qui compte, c’est de comprendre qu’un système qui ne respecte pas la dignité humaine ne vaut pas un sou. De même, le marché ne peut être l’arbitre ultime ni l’Etat présenter tant de dysfonctionnements. Quoi qu’il en soit, il convient d’ouvrir grand ses oreilles : nous devons être prêts à assimiler toutes les leçons. Même quand cela fait mal.

Les vérités de Idrissa Seck à Wade : « Votre fils, ainsi que votre gestion laxiste ont mis à genoux ce pays ». « En 2012, je me présenterai et je vous battrai »

Posted in politique, senegal on août 31, 2010 by larevelation news

Les vérités de Idrissa Seck à Wade : « Votre fils, ainsi que votre gestion laxiste ont mis à genoux ce pays ». « En 2012, je me présenterai et je vous battrai »

Idrissa Seck a été très ferme avec Wade lors de la dernière audience que ce dernier lui accordée le 12 août. Le journal La Gazette détaille les secrets de cette audience. « Si vous ne m’acceptez pas à vos côtés, je me présenterai à la prochaine élection de 2012 et je vous battrai. Je vous rassure, vous, votre femme et votre grosse vous ne serrez pas inquiétés si je prends le pouvoir », a dit l’ancien premier ministre à Wade. Puis Seck s’en prend à Karim et la gestion de son père.

« Votre fils, ainsi que votre gestion laxiste ont mis à genoux ce pays. Ceux qui sont censés être vos proches collaborateurs ne font que vous mentir à longueur de journée. Vous êtes dans une bulle déconnectée de tout, alors que le peuple souffre. Cette souffrance m’est intolérable et je tiens à vous le signifier. Il faut mettre fin à cette souffrance du peuple. C’est pourquoi d’ailleurs, j’avais accepté de venir à vos côtés. Sinon je me présenterai et je vous battrai », soulignera Seck. La Gazette raconte que c’est le moment choisi par Habib Sypour indiquer à Idrissa Seck qu’il n’avait obtenu que 14% lors des dernières élections. Seck sort de ses gonds. Il rabroue de façon sèche, Habib Sy : « Je ne suis pas votre égal et je vous conseille de vous taire et de rester à votre place.

Mes 14%, je les ai obtenu seul. Vous ne rapportez rien à Maître. Tout ce que j’ai dit sur les souffrances du peuple, c’est vrai tout le monde peut le confirmer ». Puis Idrissa critique la gestion du PDS. « Le parti va très mal. Personne ne s’interpose aujourd’hui pour défendre les idéaux libéraux. Vous même, vous vous en rendez compte tous les jours ». Habib Sy veut reprendre la parole, le président Wade le rabroue à son tour et l’invite à quitter la salle. Et Wade de prendre la parole : « Je vais prendre 45 jours pour réfléchir sur tout ce que tu m’as dit »

Source: politicosn.com