L’Iran traite Carla Bruni de «prostituée»

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Le quotidien iranien Kayhan, proche du pouvoir, a qualifié Carla Bruni-Sarkozy et Isabelle Adjani de «prostituées» dans un violent édito dénonçant la récente pétition de soutien à Sakineh Mohammadi-Ashtiani, une Iranienne condamnée à mort par lapidation pour avoir eu des «relations illégales» après la mort de son mari.


«Les prostituées françaises rejoignent la lutte des droits de l’homme», a titré Kayhan, d’après LeJDD.fr. Le journal s’en prend très personnallement à Carla Bruni-Sarkozy qualifiée d’«infâme».  Elle est accusée d’avoir «brisé le mariage de Sarkozy [pour] devenir la première dame de France». Selon le Daily Telegraph, la télévision iranienne a aussi dénoncé l’«immoralité» de Carla Bruni.

Quant à Isabelle Adjani, Kayhan la présente comme une «actrice française à la morale corrompue».

Le 25 août, Nicolas Sarkozy avait dénoncé cette lapidation annoncée: «Le régime exerce son contrôle par la répression et recourt massivement aux exécutions capitales, y compris sous la forme la plus odieuse, la lapidation, dont est menacée Mme Mohammadi.»

Il faudrait préciser au quotidien iranien que la France regorge d’autre «prostituées» qui ont soutenu Sakineh Mohammadi-Ashtiani. Au bas de la pétition, on retrouve également Simone Veil, Ségolène Royal, Martine Aubry, Marion Cotillard, Isabelle Huppert ou Josiane Balasko pour ne citer que les personnalités féminines les plus connues.

Voici un extrait de cette pétition hébergée par La Règle du jeu, le site de Bernard-Henry-Lévy:

«Il est urgent de répondre à l’appel des enfants de Sakineh, Fasride et Sajjad Mohammadi Ashtiani, nous adjurant de ne pas fermer les yeux sur une mise en scène aussi grossière et de ne pas laisser leur “cauchemar devenir réalité”.

Il est urgent d’exiger des autorités, pour Sakineh, le renoncement à toute  forme d’exécution, une remise en liberté sans délai et la reconnaissance de son innocence.

Des dizaines de femmes sont, chaque année, en Iran, condamnées au fouet, à la lapidation ou à d’autres peines dont la barbarie glace, tout autant, les sangs: il est urgent, au-delà même du cas de Sakineh, que l’ONU rappelle au régime des Mollahs les promesses faites, en 2002 et en 2008, quant à l’abolition de ce type de châtiments.

La vie d’une femme est en jeu.

La liberté et la dignité de milliers d’autres se jouent également là.

Et il s’agit enfin de l’honneur d’un grand pays, doté d’une culture aussi magnifique qu’immémoriale, et qui ne peut se voir résumer, sous les yeux du monde, au visage ensanglanté, réduit en bouillie, d’une femme lapidée.

Pitié pour Sakineh.»

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