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Présidentielle à Haïti – La candidature de Wyclef Jean contestée

Posted in haiti, International, people on août 18, 2010 by larevelation news
Le Conseil électoral haïtien a décidé de reporter au 20 août la publication de la liste définitive des candidats à la présidentielle. Entre autres raisons : la candidature contestée de Wyclef Jean.

Wyclef Jean à Haïti, le 6 août dernier Wyclef Jean à Haïti, le 6 août dernier © Sipa « En raison des contestations déposées contre certains candidats et tenant compte des recours exercés par les concernés, le CEP a décidé de reporter au 20 août la publication de la liste définitive des candidats à la présidentielle », lit-on dans le communiqué de l’institution électorale.

Le Conseil avait promis de publier le 17 août la liste définitive des candidats admis à entrer dans la course à la succession du président René Préval lors du scrutin du 28 novembre. Mais plusieurs candidatures dont celle de la star internationale du hip-hop Wyclef Jean font l’objet de contestations devant le bureau électoral haïtien, a-t-on indiqué au siège du CEP gardé par des détachements de policiers haïtiens et internationaux.

34 personnalités se sont inscrites pour obtenir le droit d’entrer dans la course à la présidence d’Haïti dévasté le 12 janvier par un violent séisme qui a fait plus de 250.000 morts et jeté à la rue 1,5 million de personnes.

Une maison à Haïti, mais une déclaration fiscale aux Etats-Unis pour Wyclef Jean ?

Neuf de ces candidatures, dont celle de Wyclef Jean, sont contestées devant un tribunal électoral, a-t-on appris auprès des autorités. La candidature du chanteur a notamment été contestée pour des raisons de déclarations fiscales aux Etats-Unis et la question de sa résidence en Haïti.

« Nous avons prouvé que M. Jean possédait une résidence en Haïti où il est en plus actionnaire majoritaire d’une chaîne de télévision. Ses déclarations fiscales aux USA ne peuvent pas être traitées en Haïti », a soutenu Me Joël Petit-Homme, un des avocats de la star.

Mardi des rumeurs circulaient à Port-au-Prince sur l’éviction, exigée par le pouvoir en place, de la vedette de la course et des réactions violentes qu’une telle décision auraient provoqué de la part de ses partisans.

Revenu en Haïti en début de semaine, Wyclef Jean s’est retiré dans son fief de la Croix de Bouquets au nord de Port-au-Prince se refusant à toute déclaration à la presse. « Je déments catégoriquement les informations faisant croire que le CEP travaille sous la dictée du pouvoir », a déclaré le président du conseil électoral Gaillot Dorsinvil.

« Nous travaillons en toute indépendance, le Conseil veut une fois de plus donner la garantie au peuple haïtien qu’il va organiser des élections transparentes et démocratiques. Le vote de l’électorat sera respecté », a encore déclaré M. Dorsinvil.

Plusieurs partis d’opposition ont refusé de participer aux élections, réclamant à coup de manifestations et d’appels à la grève l’arrêt du processus électoral et le renvoi du CEP. Les scrutins (législatifs et présidentiels) prévus le 28 novembre, dont le coût est évalué à 29 millions de dollars, seront financés majoritairement par la communauté internationale qui a promis 10 milliards de dollars sur cinq ans à Haïti pour sa reconstruction.


MEGA CONCERT DE SOLIDARITE AFRIK FOR HAITI : El Hadji Diouf entre huées, jets de projectiles et applaudissements

Posted in haiti, senegal, société on mars 8, 2010 by larevelation news

Le concert de solidarité a été un double flop. Du point de vue de la mobilisation et de l’accueil réservé à certains invités comme El Hadj Diouf par le public du stade Léopold Sédar Senghor

La star du football sénégalais El Hadji Ousseynou Diouf s’est fait remarquer par son entrée fracassante dans la loge réservée aux artistes, entouré d’une ribambelle de gardes du corps, en l’absence du lutteur Thieck, terrassé quelques heures auparavant par Tapha Tine. Par ailleurs, lors de sa montée sur la scène, il a été très applaudi par une partie du public, tandis qu’une autre partie lui a réservé des huées et quelques jets de bouteilles de boisson vides.

Ainsi, pour donner au concert un cachet particulier, Sékouba Bambino de la Guinée, Oumou Sangaré du Mali, Aïcha Koné de la Côte d’Ivoire, Wasis Diop, Omar Pène et Coumba Gawlo du Sénégal ont tous joué en live avec leurs orchestres respectifs. Et comme il l’avait promis, le roi du reggae africain, Alpha Blondy a enflammé le stade pendant près d’une demi-heure, clôturant une nuit de fête qui s’est prolongée jusqu’à l’aube.

À l’exception de Youssou Ndour, Thione Seck et Manu Dibango, absents, les autres se sont succédé sur le podium. Malgré l’heure tardive du début du concert, prévu pour 18 heures et le froid qui sévissait, des milliers de fans ont pris d’assaut le stade du père Léo pour participer à la collecte de fonds, en payant un billet d’entrée à 1000 Frs CFA. Il revenait alors aux ténors du rap sénégalais l’honneur de réchauffer le public très cosmopolite. Bidew Bou Bess, Daara J Family, Matador, Simon et Carlou D ont tous fait apprécier le meilleur de leur discographie.

Par ailleurs, Pape Diouf, Sidy Samb et Yves Niang ont apporté leur pierre à l’édifice. Cette manifestation de solidarité a également enregistré la participation du groupe de musique haïtien Tabou Combo, basé à New York. Réagissant après le concert Coumba Gawlo Seck a déclaré : «La chanson sortira au mois de mars et sera vendue dans chacun des pays où réside un des artistes qui y a participé. Il faut tout reconstruire à Haïti, surtout l’espoir et j’invite tous les Sénégalais à acheter l’original de ce produit pour venir en aide à ce peuple».
kc

« AFRIC FOR HAÏTI » Un fiasco révélateur

Posted in haiti, International, senegal, société on mars 8, 2010 by larevelation news
La volonté et le désir de Couba Gawlo Seck de monter cet évènement caritatif et solidaire envers le peuple haïtien meurtri par un terrible tremblement de terre qui aura fait des centaines de milliers de victimes, n’auront pas suffi à mobiliser le cœur des sénégalais pour être au diapason planétaire de l’émotion suscitée par cette catastrophe.

« Afric for Haïti » est passé à côté de la plaque. Quel dommage puisque Coumba Gawlo, avait sous la main, la crème des artistes africains tels que Manu Dibango, Pascal Lokua kanza, Sékouba Bambino et autres Papa Wemba, sans compter les stars locales comme Wassis Diop, Pape Diouf ou Daara J family.

Ce fiasco est révélateur de plein de choses, additionnées les unes aux autres ou simplement associées les unes aux autres.

D’abord la relative froideur dans laquelle cet évènement a été préparé. L’impression a été donnée que Coumba Gawlo s’engageait toute seule dans ce pari. Elle a sans doute eu le mérite de l’initiative que personne ne peut lui contester. Son rôle d’ambassadrice pour l’éducation à l’Unicef, lui a sans certainement fait croire que son élan allait être entraînant et permettre de créer un mouvement de solidarité envers un peuple dont la reconstruction du pays, passe par celle de ses enfants à travers l’éducation. Noble dessein.

Coumba n’est pas en réalité prophète dans son pays. Elle ne doit pas avoir l’envergure qu’elle veut bien se donner. Elle n’est pas Youssou Ndour, ni Baba Maal, encore moins Thione Seck, … Elle n’est pas, elle n’est pas,… la liste pourrait être bien longue ! Elle n’a pas été tout simplement au diapason de ce peuple pour qui la sophistication, ne cadre pas avec notre culte de l’à peu prés. Ce téléthon, c’était un fiasco pour ne pas dire un bide. Pas un chat, ni ministres, ni députés, encore moins d’hommes d’affaires, ceux-là qui pouvaient faire des dons à la face du peuple sénégalais.

Alors, d’où vient le malaise ? De l’échec du téléthon, programmé à la hâte par le gouvernement dans une incompétence notoire sur les questions de régie, au sens de « régenter ». Une salle du Méridien Président vide, qui a fait fuir la télévision qui se demandait quel spectacle, elle allait pouvoir proposer sur son écran rempli de tables vides. Annulation logique du téléthon pour Haïti.

Après l’annulation du téléthon, ce fut le tour du concert dans un stade Léopold Sédar Senghor clairsemé. Ce qui devait débuter à 20 h l’a finalement été avec beaucoup de retard.

Et venons-en au fond des choses. Cet évènement, certes terrible, qui a suscité toute notre compassion, a semblé être pour notre Président, Maître Wade, plus une occasion de rebondir sur l’échiquier de la politique internationale, où son aura avait pris quelques meurtrissures après l’affaire Ségura notamment, qu’une volonté partagée par son peuple de venir au secours de nos frères d’Haïti. Alpha Blondy le célèbre chanteur de reggae ivoirien que l’on connaissait beaucoup plus « révolutionnaire » que cela, a fait dans le « griotisme » à mort, au point que Demba Dia le rocker sénégalais l’ait remis à sa juste place. Il méconnait tout des réalités sénégalaises ! La politique puait à mille lieux !

Le vœu de Wade de proposer nos terres hospitalières aux sinistrés a fait sourire quand on sait la propension des haïtiens à plus vouloir aller vers le Canada ou les Etats Unis, que venir trouver refuge dans un pays que sa jeunesse fuit en pirogues, et dans lequel des visas pour ailleurs se négocient à des millions.

Mobiliser des sénégalais qui ont encore les pieds dans les eaux nauséabondes et fétides des inondations relevait d’un exploit que Coumba Gawlo, même adoubée par Maître Wade ne pouvait réussir.

Alors, il nous faudra retenir que notre Diva nationale, comme on la surnomme, a eu le mérite de «  faire ». Avec son énergie et une armée de bénévoles tenaillés par l’urgence qu’induit un tel chronogramme dicté par le temps médiatique qui voulait qu’elle fasse vite avant que cette catastrophe ne soit effacée par une autre. Ainsi va le monde… Les cassandres voudront retenir, eux, de sordides et fétides rumeurs, distillant qu’au sortir de leur rencontre avec le Chef de l’Etat, ce dernier aurait remis des sommes astronomiques, gonflées au fur et à mesure que cette rumeur se propage, à ces artistes à la tête desquels se trouvaient Coumba Gawlo et Alpha Blondy.

Inévitables rumeurs qui sont la conséquence d’un fait malheureux : dés qu’on sort d’une audience avec Wade, le vulgus pecus, vous soupèse les poches et vous rend suspects. A en oublier qu’Haïti valait bien une grande messe. La mémoire des victimes impose maintenant à notre généreuse artiste que la transparence des comptes s’impose face à la kermesse des « faux bons sentiments ».

Et au bout du compte, à toujours vouloir jouer les précurseurs dans la « renaissance africaine » ou dans les concerts de charité, la guigne finit toujours par faire revenir à la réalité. Lorsque c’est africain, il vaut mieux faire avec les africains. Et pour les sénégalais, passés maîtres de la charité (demandez aux talibés qui essaiment nos rues), Haîti, est bien trop loin, la banlieue elle, est bien plus proche ! Interrogez Malick Gakou !

kc

Afrik for Haïti : Un cocktail de sonorités musicales pour aider les sinistrés

Posted in haiti, International, senegal, société on mars 7, 2010 by larevelation news
La chanteuse sénégalaise Coumba Gawlo Seck, initiatrice de « Afrik For Haiti »

Le stade Léopold Sédar Senghor de Dakar a vibré ce samedi 06 mars au rythme  de sonorités africaines. Cet événement musical entre dans le cadre d’un soutien des sinistrés du séisme qui avait frappé la République d’ Haïti, le 12 janvier 2010. Cette initiative dénommée « Afrik For Haiti » est l’œuvre de la chanteuse sénégalaise Coumba Gawlo Seck.

Ils sont nombreux,  les artistes de renom qui se sont succédé sur le podium. Par leurs voix et leurs instruments musicaux, ils  ont tous réitéré l’importance d’une aide d’urgence en faveur des victimes de ce sinistre.  En face d’un public attentif, les musiciens sénégalais ont démarré la fête notamment Wasis Diop, Daara-ji, Idrissa Diop. Ils ont tenu en haleine les mélomanes dès les premières heures de la cérémonie.  Chaque artiste tente d’expliquer les raisons et l’importance de venir en assistance le peuple HaïtienAprès les coups de minuit, d’autres artistes, en l’occurrence Lokoua Kanza, Aicha Koné, Sékouba Bambino, Alpha Blondy, Ismaël Lô, Papa Wemba, Omar Pène, Coumba Gawlo Seck, Manu Dibango  sont passés l’un après l’autre au podium, devant un public en joie de découvrir d’autres styles de la musique africaine.

Les autres artistes non sénégalais eux aussi ont marqué leur passage sur la scène.

kc

Wasis Diop : ‘’Vouloir ramener les Haïtiens en Afrique c’est oublier l’histoire de ce peuple’’

Posted in haiti, International, senegal with tags , , , , on mars 2, 2010 by larevelation news

L’idée de retour des Haïtiens en Afrique, après le séisme qui a frappé leur pays il y a environ deux mois, ‘’n’est pas une bonne idée’’, estime l’auteur compositeur sénégalais Wasis Diop, relevant que ceux qui adhèrent à une telle proposition oublient l’histoire de Haïti. ‘’Ce n’est pas une bonne idée. Vouloir ramener les Haïtiens en Afrique c’est oublier l’histoire de ce peuple’’, a dit l’artiste lors d’une conférence de presse consacrée à l’initiative ‘’Afrik For Haïti’’, lancée par la chanteuse sénégalaise Coumba Gawlo Seck, pour récolter des fonds en faveur des populations haïtiennes.

‘’Il vaut mieux aider les Haïtiens là où ils sont, au lieu de vouloir organiser leur retour en Afrique. C’est une question de dignité’’, a ajouté Wasis Diop, en réaction à l’idée du président sénégalais Abdoulaye Wade d’accueillir, en terre africaine, des Haïtiens qui le souhaitent. Le 17 janvier dernier, cinq jours après le séisme ayant fait plus de 200.000 morts, le chef de l’Etat avait déclaré dimanche vouloir favoriser le ‘’retour’’ des Haïtiens en Afrique, en offrant une terre à ces descendants d’esclaves. ‘’La récurrence des calamités qui tombent sur Haïti m’amène à proposer une solution radicale : créer en Afrique, quelque part, avec des Africains bien entendu, avec l’Union africaine, un espace, à déterminer avec des Haïtiens, pour y créer les conditions de retour des Haïtiens’’, avait dit Me Wade lors d’une rencontre avec des parlementaires au Palais.

Rappelant que ‘’Haïti a été la première république noire (proclamée le 1-er janvier 1804)’’, Wasis Diop a précisé que pour qu’il en soit ainsi, ‘’les gens se sont battus et ont arraché leur liberté de haute lutte’’. ‘’Ramener les Haïtiens c’est oublier cette histoire, a dit le musicien. On dit qu’on ne peut pas éviter les catastrophes naturelles.

La vérité, c’est que si on mettait beaucoup de moyens dans la lutte contre ces catastrophes, on verrait que ces catastrophes ne sont pas si naturelles que ça.’’ Wasis Diop a dit que le fait que Haïti soit un symbole de liberté est ‘’quelque chose de très important’’. ‘’C’est un point absolument important, et pas seulement pour les Noirs, mais pour l’Humanité. Haïti est un symbole. Ce sont des gens qui se sont battus pour que cette république puise être autonome’’, a-t-il conclu.

Haiti – Fatou Fall, l’étudiante sénégalaise, a été retrouvée morte sous les décombres de son appartement

Posted in haiti, senegal on février 9, 2010 by larevelation news

Fatou Fall, l’étudiante sénégalaise qui était portée disparue depuis le tremblement de terre survenu le 12 janvier dernier en Haïti, a été retrouvée morte lundi sous les décombres de son appartement et enterrée dans l’enceinte de son école, a affirmé mardi à l’Agence de presse sénégalaise le père de la défunte, confirmant l’information reçue auparavant d’une source bien au fait de cette affaire.

Selon cette dernière source, il a d’abord été authentifié que le corps retrouvé est celui de Fatou Fall, puis il y a eu avant l’inhumation la prière mortuaire dirigée par un imam de nationalité malienne.

Très croyant, Aboubacar Fall, le père, a mis ce coup dur sous le compte de la volonté divine, soulignant qu’au fond c’est une chance que le corps de sa fille ait pu être retrouvé et mis en terre selon les préceptes de l’islam.

En tant que musulman, il dit accepter le destin que Dieu a tracé pour sa fille non sans reconnaître que cela aurait été plus difficile à supporter si Fatou Fall avait à l’image de milliers de morts haïtiens, été ensevelie dans une fosse commune.

Agée de 26 ans, Fatou Fall était arrivée en Haïti en octobre 2008 et fréquentait l’Institut de la Francophonie pour la gestion dans la Caraïbe. Elle inscrite en master 2 (gestion) grâce à une bourse offerte par l’Organisation internationale de la Francophonie.

Business autour de la mort à Touba : Quand laveurs de corps et vendeurs de linceul se frottent les mains !

Posted in haiti, International, politique, senegal, Uncategorized on février 3, 2010 by larevelation news

Nul n’échappe à la grande faucheuse. La mort frappe à toutes les portes et il en sera ainsi jusqu’à ce que notre tour arrive. Nous serons toujours touchés par la mort en témoigne tous les êtres chers que nous avons perdu. Malgré cela, il faut vivre.

Cependant certains hommes et femmes, dans la ville sainte de Touba, gagnent leur vie grâce à la

mort. Le lavage de corps, la vente de linceul et le commerce de tableaux en fer où l’on immortalise le nom du défunt, font de la mort un véritable… business.

En ce vendredi, la ville sainte de Touba regorge de monde. Beaucoup de fidèles viennent d’horizons divers pour inhumer leur mort et assister à la prière à la grande mosquée. Ici, les gens sont habitués de voir des morts ce qui fait que cela laisse indifférent.

A tout instant, il y a des dépouilles mortelles à ensevelir. Aux abords du cimetière, les vendeurs de linceul, exposent leurs produits sur des tables de fortune.

La vente de linceul, une activité très lucrative

Ici, le commerce de linceul marche à merveille. Ces vendeurs collaborent avec les laveurs de corps.

« Nous disposons de tout le matériel nécessaire pour faire la toilette des morts. C’est moi qui récupère l’argent et à la descente je donne aux laveurs ou laveuses leur part. Pour la toilette d’un mort, il faut payer 7500 F cfa. Les prix du linceul, du parfum et la part des laveurs, sont contenus dans les 7500 F cfa. J’avoue que la vente de linceul marche à merveille, c’est ce qui explique la présence de beaucoup vendeurs aux abords du cimetière. Tous les jours, du matin au soir, les gens amènent leur mort pour l’inhumation. Nous sommes incontournables, ils viennent toujours vers nous pour acheter le linceul. C’est avec cette activité que nous parvenons à entretenir nos familles. Nous ne souhaitons pas qu’il ait des morts mais la vie est ainsi faite. Nous, qui vendons ces linceuls, nous perdons nos propres parents », confie un septuagénaire.

Habillé en boubou « Baye Lat », le septuagénaire a son instrument de mesure autour du coup. Il dispose de deux instruments de mesure, l’un en ruban et l’autre en bois pour la mesure des 7 mètres de linceul qui couvrent les morts musulmans. Un autre commerçant de confier : « La vente de linceul, est notre principale activité. C’est grâce à cela que nous tenons nos maisons. Tous les jours que Dieu fait, nous vendons des linceuls ».

Dans la ville sainte de Touba, le tissu percale se vend très bien aux abords du cimetière.

Beaucoup de gens qui accompagnent leur mort, sont obligés de passer chez ces vendeurs dont le cimetière constitue le lieu de travail. C’est un calme plat qui règne dans les lieux. Dans cet univers, c’est le repos éternel. Quelques rares individus égrainent leur chapelet devant la tombe d’un proche, priant pour le repos éternel de l’âme du disparu.

La déclamation par les « baye fall » de quelques « khassaïdes » du Cheikh, déchire de temps à autre le calme plat qui règne dans le cimetière.

Ici, le visiteur est impressionné par le nombre de tombes qui s’étalent à perte de vue. Dans ce cimetière reposent des personnalités et des hommes modestes. Cependant, tout cela n’a plus son importance, ils sont tous considérés comme des morts. Certaines tombes sont construites en marbre tandis que d’autres sont faites modestement.

« Tout cela n’intéresse pas le bon Dieu, seule la foi religieuse paie. Tout le monde est appelé à passer par cette étape qu’est la mort. Tous ces gens-là, étaient comme vous et moi. Ils vaquaient à leurs occupations et participaient à des cérémonies. Leur tour est arrivé, c’est la raison pour laquelle, ils sont-là aujourd’hui. Que chacun ait ce moment en tête », lance un vieux, le chapelet à la main.

Le métier de laveur de corps nourrit-il son homme ?

Dans la mosquée du cimetière, laveurs et laveuses sont toujours présents sur les lieux. Nous avons rencontré trois femmes laveuses qui y travaillent. A coté de ces dernières, se trouvent aussi des hommes qui exercent le même métier.

Quant la personne décédée est une femme, ce sont les laveuses qui s’occupent  de la toilette mortuaire mais quand, il s’agit d’un homme, ce sont les laveurs qui s’en chargent.

« Cela fait longtemps que j’exerce le métier de laveur de corps. Nous sommes au nombre de trois femmes à le faire. Nous faisons la toilette des femmes décédées. Nous parvenons à subvenir à nos besoins avec l’argent qu’on gagne », confie une laveuse.

Avec ce métier, les hommes aussi bien que les femmes, gagnent leur vie. Il ne se passe pas un seul jour sans qu’on amène des cadavres à inhumer. Et avant l’inhumation, il faut passer par les laveurs et les vendeurs de linceul.

« Nous sommes tout le temps sollicités. Il ne se passe pas un seul jour sans que nous n’ayons un cadavre à laver. Avec notre métier, nous gagnons notre vie », martèle un laveur. Et notre interlocuteur de poursuivre : «  Ce sont les laveuses qui se chargent de la toilette des femmes décédées. Nous travaillons ici depuis longtemps. Cette activité, c’est notre gagne pain ».

Juste après l’entretien, un car de type « Ndiaga Ndiaye », est arrivé avec beaucoup de passagers à bord. Ils viennent de Dakar et amène  un de leur proche décédé.

Comme, les deux endroits où, l’on effectue les toilettes des morts, sont occupés, ils sont obligés d’attendre. Et comme la personne décédée est une femme, on appelle les trois laveuses qui viennent tout juste de finir la toilette d’une défunte. Du coté des laveurs, ils sont aussi occupés car deux corps attendent leur toilette pour la prière mortuaire.

Une des laveuses est sortie pour demander : « Quels sont les gens qui ont amené celle-là ici ». Et quand un homme se présenta, elle lui tend un seau pour aller chercher de l’eau dans une sorte de grand réservoir construit sur les lieux. Cinq minutes après, elles avaient terminé, demandant d’installer la dépouille suivante.

Lorsque le corps de la défunte est extrait du cercueil, il faut vider la glace qui servait à la conservation du corps dans un caniveau. « Chaque jour, c’est le même scénario jusqu’au soir. Dieu est grand », lance un homme. Après la prière, on achemine les cadavres dans les cimetières pour son inhumation.

A coté de ces laveurs, évoluent également les vendeurs de tableaux en fer qui se frottent les mains. Un tableau est vendu à 2500 F cfa. Le vendeur inscrit le nom du mort en arabe et la date du décès. Et il laisse le soin aux gens qui accompagne le disparu dans sa dernière demeure, d’inscrire sur le tableau, le nom du défunt ou de la défunte et la date du décès en français. « Nous vendons les tableaux en fer pour que les gens puissent identifier la tombe de leur proche. Nous inscrivons le nom et la date du décès en arabe et ceux qui l’ont amené, se chargent de le faire en français », confie un vendeur de tableau en même temps laveur de corps. Tout ce beau monde n’a comme business la mort.

Quant aux fossoyeurs, ils ne contentent de ce que les gens leur donnent après leur travail.

Le cimetière, lieu de convergence des jeunes talibés

Les jeunes talibés rodent aux alentours du cimetière pour demander de l’aumône. Ce qui est impressionnant, ces petits bouts de bois de Dieu, n’affichent aucune peur avec la présence de tous ces morts. Ils jouent même à cache-cache. « Nous venons pour demander de l’aumône. Les gens qui amènent leur mort dans le cimetière, nous donnent parfois beaucoup d’argent. Nous venons ici pour réciter des versets de coran », confie un jeune talibé. Tôt ou tard, tout le monde va passer par l’épreuve de la mort.

La mort, c’est l’inacceptable que tout individu doit apprendre à accepter.